A l'affiche sur ARTE le 15 Mars ''Notre poison quotidien''.

Publié le par Lilas

Le 15 Mars sur ARTE ,à 20h40 diffusion du film ''Notre poison quotidien'' de Monique Robin. Longue enquête réalisée dans six pays européens ,France, Italie,Allemagne, Suisse, Grande Bretagne, Danemark ainsi qu'aux Etats unis, au Canada, au Chili et en Inde.

 

Ce film fait suite au film '' Le Monde selon Monsanto'' soulevant le problème de la toxicité des produits chimiques utilisés dans l'agriculture au quotidiens afin de produire plus vite et en tirer des bénéfices sonnant et trébuchant, ces multi-nationales font fi de la sécurité alimentaire et des conséquences de l'utilisation de ses produits sur l'environnement.

 

Cette fois si Monique Robin s'intéresse aux seuls produits chimiques qui entrent en contact avec notre chaîne alimentaire du champ du paysan (pesticides) à l'assiette du consommateur (additifs et plastiques alimentaires.)

 

Pour vous couper votre appétit

 un extrait de La recette

de ''La tarte aux cerises de supermarché''

 

                                                 Histoire de la Pâte

 

   Pour obtenir la farine, les grains de blé ont été enrobés d'un fongicide avant semis.


  Pendant sa culture, le blé a reçu de 2 à 6 traitements de pesticides selon les années, 1 traitement aux hormones pour raccourcir les tiges afin d'éviter la verse et 1 dose importante d'engrais: 240 kg d'azote, 100 kg de phosphore 
   et 100 kg de potassium à l'hectare, tout de même !

 

   Le blé moissonné, dans le silo, après récolte, les grains sont fumigés au tétrachlorure de carbone et au bisulfide de carbone, puis arrosés au chlopyriphosméthyl. 

   Pour la mouture, la farine reçoit du chlorure de nitrosyl, puis de l'acide ascorbique,  de la farine de fève, du gluten et de l'amylase.
   Ensuite, il faut faire lever la pâte. La poudre levante est traitée au silicate de calcium et l'amidon est blanchi au permanganate de potassium.

 

 Pas de pâte sans corps gras. 
Ceux-ci reçoivent un antioxydant (pour éviter le rancissement) comme l'hydroxytoluène de butyl  et un émulsifiant type lécithine.

 

  Histoire de la Crème


  La crème sur laquelle vont reposer les cerises se fait avec des œufs*, du lait**, et même de l'huile***
   *Les œufs proviennent d'un élevage industriel où les poules sont nourries 
    avec des granulés contenant des :
   - antioxydants (E300 à E311),
- arômes,
   - émulsifiant: alginate de calcium,
  - conservateur : acide formique,
   - colorant : capsanthéine,
   - agent liant: lignosulfate
et enfin des appétants : glutamate de sodium, pour qu'elles puissent avaler tout ça.Elles reçoivent aussi des antibiotiques, bien entendu, et surtout des anticoccidiens. Les œufs, avant séchage, reçoivent des émulsifiants, des agents actifs de surface,  comme l'acide cholique et une enzyme pour retirer le sucre du blanc.

 ** Le lait provient d'un élevage industriel où les vaches reçoivent une alimentation riche en produits chimiques :
 - antibiotiques : flavophospholipol (F712) ou monensin-sodium (F714)
 - antioxydants : ascorbate de sodium (F301), alphatocophérol de synthèse (F307),  buthyl-hydrox-toluène (F321) ou éthoxyquine (E324),
 - émulsifiants : alginate de propylène-glycol (F405) ou polyéthylène glycol (F496),
  - conservateurs : acide acétique, acide tartrique (E334), acide propionique (F280)  et ses dérivés (F281 à E284),
 - composés azotés chimiques : urée (F801) ou diurédo-isobutane (F803),
 - agents liants : stéarate de sodium,
 - colorants : F131 ou F142
 - et enfin des appétants pour que les vaches puissent manger tout ça, 
   comme le glutamate de sodium.
   *** Les huiles, quant à elles, ont été :
  - extraites par des solvants comme l'acétone,puis raffinées par action de l'acide sulfurique, puis lavage à chaud,  neutralisées à la lessive de soude,
  décolorées au bioxyde de chlore ou au bichromate de potassium et désodorisées à 160°C avec du chlorure de zinc.
 Enfin, elles ont été recolorées à la curcumine.

 La crème de la tarte, une fois fabriquée, reçoit des arômes et des stabilisants comme l'acide alginique (E400).
 
                               Histoire des Cerises


 (complété d'après des éléments de "Aromathérapie" Jean Valnet 1990, Maloine)
 Les cerisiers ont reçu pendant la saison entre 10 et 40 traitements de pesticides selon les années.
 * Les cerises sont :
 - décolorées à l'anhydride sulfureux et recolorées de façon uniforme à l'acide carminique ou à l'érythrosine.
 - Elles sont plongées dans une saumure contenant du sulfate d'aluminium
et à la sortie, reçoivent un conservateur comme le sorbate de potassium 202).
 - Elles sont enfin enduites d'un sucre qui provient de betteraves qui, comme les blés,ont reçu leur bonne dose d'engrais et de pesticides.

Ce sucre est extrait par :
défécation à la chaux et à l'anhydride sulfureux, puis décoloré au sulfoxylate de sodium, puis raffiné au noriteet à l'alcool isopropylique. Il est enfin azuré au bleu anthraquinonique.


Par ces traitements, les cerises ayant donc perdu tout leur goût, il est nécessaire d'ajouter un parfum artificiel alimentaire. Ce parfum est une recréation synthétique du goût et de l'odeur à partir d'éléments artificiels issus de la chimie du pétrole aux prix de revient   extrêmement faibles par économie d'echelle en comparaison du parfum naturel de fruit.   L'exemple développé est ici la cerise, mais de tels composés servent à recréer aussi bien   des parfums artificiels de fraise, d'ananas, de framboise, de miel, de caramel, de muguet..  etc.
  * Le parfum artificiel de cerise se compose donc des molécules synthétiques (donc à la stéréochimie inversée) suivantes :
  - acétate d'éthyle

  - acétyl méthyl carbinol
  - butyrate d'isoamyle
  - caproate d'ethyle
  - caprylate d'isoamyle
  - caprate d'ethyle
  - butyrate de terpenyle
  - geraniol
  - butyrate de geranyl - acetylacetate d'ethyle
  - heptanoate d'ethyle
  - aldéhyde benzoique
  - aldéhyde p-toluique
  - vanilline
  - essence artificielle d'amande amère SAP
  - essence artificielle de girofle Bourbon
  - essence artificielle de cannelle Ceylan
  - essence de lie de vin .

   

 

 

Ce texte a été rédigé par Claude Bourguignon ,ingénieur agronome qui travailla à l'INRA, avant de quitter l'honorable maison pour cause de désaccord. Il est spécialisé dans la microbiologie des sols, c'est lui qui démontra, pour la première fois que les sols cultivés à grand renfort d'engrais chimiques et de pesticides étaient biologiquement morts.

 

Aujourd'hui il intervient dans de nombreux pays afin d'aider les agriculteurs à retrouver la fertilité de leur sol. Vous pouvez retrouver Claude Bourguignon ainsi que son épouse dans le film de Coline Serreau ''Solution locales pour un désordre global'' ainsi que diverses personnalités qui aujourd'hui oeuvre pour une autre agriculture qui soit respectueuse et en parfaite harmonie avec la terre et les hommes. 

 

Au fur et à mesure de mes lectures et différentes découvertes, je suis confortée dans le choix que j'ai fait de cultiver mon jardin potager et de produire mes modestes fruits et légumes

En conclusion j'aimerai citer un agriculteur, philosophe et humaniste Pierre Rabhi que j'ai le plaisir de lire et relire au travers de ses différentes publications:

 

''Désormais,la plus haute, la plus belle performance que devra réaliser l'humanité sera de répondre à ses besoins vitaux avec les moyens les plus simples et les plus sains.Cultiver son jardin ou s'adonner à n'importe quelle activité créatrice d'autonomie sera considéré comme un acte politique, un acte de légitime résistance à la dépendance et à l'asservissement de la personne humaine. ''

 

  Lilas.

Publié dans Humeur du jour

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